Le jour où tout a basculé
9 septembre 2025, avant l’aube. Un néon bourdonne, les cônes tracent des flèches oranges, les cordes à sauter chuchotent sur le parquet. Je suis Alex, coach jeune et têtu, en train de dessiner un programme pour ceux qu’on choisit en dernier.
Le monde tel qu’il est: NIL qui chauffe les têtes, highlights à la chaîne, 8 matches en 4 jours, staffs obsédés par le gabarit et la “compatibilité système”. Les tardifs disparaissent. Je tombe amoureux d’autre chose: la variété motrice, la force relative, le rythme. Promesse simple: les amener “un niveau au-dessus” sans casser des corps ni des âmes.
À un séminaire de Lee Taft, je comprends comment des équipes sous-dimensionnées peuvent user des rosters plus grands grâce à la vitesse, au rythme et au pressing. Les enjeux sont clairs: si je me trompe, mes gamins restent invisibles; si j’ai raison, on renverse l’échelle. Une phrase de Mike Robertson s’imprime en moi:
“Si votre objectif est de développer des athlètes sauvagement complets, alors ceci est pour vous.”
Ce que ça m’a demandé
Je récupère une équipe Rec Plus, patchwork de “personne n’en voulait”. Première règle: les 5 premières minutes = jeu libre (pas de foot). On rit, on bouge, on négocie des règles. En échange, ils m’écoutent quand je parle contrôle unilatéral et rythme du skipping.
Je recompose l’heure: 30–40 min de vitesse/puissance chez les jeunes; les charges lourdes sont enseignées, pas testées. Les périostites reculent, les sauts deviennent plus “élastiques”. Nouvelle question: peut-on presser des 2,00 m avec une escouade de 1,88 m?
Humilité en salle: goblet squats, fentes anti-rotation en appui fendu, step-ups sprinter, tractions/pompes progressives. La force relative grimpe; un ailier aligne 8 tractions parfaites en semaine de match. Les parents demandent la prise de masse; je pivote vers le ratio puissance/poids.
Bloc rythme: échelles à la corde, skips alternés, accélérations “piste” en montée. Ils apprennent à se détendre vite entre deux pics de force. Et moi, je doute: est-ce que je laisse des gains sur la table en refusant la masse?
La décision que je ne pouvais plus éviter
Tournoi week-end. 8 en 4. Je déteste ce format, mais on s’adapte: on assume notre identité pressing + variabilité. On limite les charges pour préserver la puissance, on met de côté les objectifs “miroir”.
Caucus serré, phrases courtes.
“On veut de la variabilité motrice.”
“Un cran au-dessus, pas un kilo de plus.”
“Respire, puis frappe.”
Ce qui a cédé et ce qui a tenu
On étrangle une équipe plus âgée: pertes de balle, fautes provoquées, jambes qui lâchent... chez eux. Puis on perd de peu sur fatigue mentale. Soulagement: zéro lésion musculaire. Détail qui colle: une corde à sauter accrochée à une bretelle de sac — le rythme est rentré à la maison.
Est-ce tenable dans un calendrier qui pousse à 15–35 matches en juin? Oui, si on ose dire non plus souvent, si on dose au contexte, pas à l’ego.
La forme de la fin
Notre “nouveau normal” n’a rien de glamour, mais il tient: - Échauffement 10–15 min: auto-soins (rouleau ciblé), resets dynamiques (rocking, bear/baby crawl), 5 min de jeu libre. - Vitesse/puissance 30–40 min (jeunes): progressions de sprints (buildups, wickets), accélérations latérales/diagonales, sauts 1 et 2 jambes avec symétrie gauche/droite. - Force/compétences 15–20 min: squat/hinge/push/pull, unilatéral, anti-rotation en fente; objectifs en charge relative (tractions, pompes strictes).
- Rythme/coordination 5–10 min: échelles corde, skips alternés, jeux de dribble-rythme; relaxer vite, frapper vite.
- Récupération: si 8-en-4 est imposé, on baisse la charge d’entraînement, on mise sur la variabilité, le sommeil, le carburant.
Côté nutrition (objectif puissance/poids): - Performances > masse: protéine ancrée à chaque repas, pas de “bulk” agressif qui émousse la vitesse. - Avant compète: glucides simples + hydratation; après: protéine + glucides dans la journée, sans math de shaker à la minute. - Suivi utile: temps de sprint, hauteur de saut (symétrie), tractions — l’assiette soutient ces indicateurs, pas le miroir.
Ce que j’en retiens
- Force relative > taille brute: tractions et pompes ne mentent pas.
- La variabilité, c’est de la récup: rouler, reset, ramper, skipper redonnent des options après les volumes débiles de 2025.
- Le rythme est une compétence transférable: corde et skips enseignent l’alternance détente/tension qui nourrit sprint et pressing.
- Dose contextuelle: pros 10–15 min d’entretien vitesse; jeunes 30–40 min d’apprentissage.
On a commencé avec un néon qui bourdonnait et une question: le jeu et la précision peuvent-ils battre la machine du “plus gros”? Oui. Avancez sur la ligne sans la franchir: refusez la surcharge, dites oui aux options. Et souvenez-vous:
“C’était génial. J’ai hâte de recommencer.” — Noah Ohlsen
“La plupart des champions diront qu’ils ont fait des sacrifices.” — Noah Ohlsen
“Je suis à mon pic physique, non pas en tant que valide, mais en tant que personne handicapée.” — Lauren Taylor
Note éthique: anecdotes composites, prénoms changés; ceci n’est pas un avis médical.